Cueilleurs de coques


« Après les orages de la semaine passée, les interdictions de baignade et de pêche à pied avaient fleuri, de Granville à Kairon-Plage. Certaines interdictions ont été levées, il faut néanmoins rester prudent. La pêche est à nouveau interdite plage d’Hacqueville et plage du Fourneau. « On observe une très forte mortalité des coques, de la piscine de la plage Saint-Nicolas jusqu’à Jullouville, explique Maxime Spagnol, chargé de mission littoral et biodiversité à l’association Avril. Après les orages, les pollutions urbaines, agricoles, ont ruisselé vers les plages et les coques sont plus exposées aux toxines. Il faut donc garder une certaine prudence. » in Ouest France 21 août 2020.

Ecoeuré, je repoussai le journal et m’en allait promener sur l’estran, à la pêche aux images. Les souvenirs de parties pêche me revenaient en mémoire.

Grand-Pére disparu, son gendre Marcel qui aimait à partager ses parties de pêche à la bichette sous les falaises de Champeaux espaça progressivement ses sorties halieutiques réservant ses parties aux exceptionnelles grands-marées plus prometteuses en friture. Il en perdait le goût. Son souffle devenant plus court il en abandonna bientôt définitivement la pratique. Fervent de pêche à pied, il poursuivit néanmoins encore longtemps la cueillette des coques. Outre qu’elle ne nécessitait aucun matériel si ce n’est pour lui un sac en plastique pour la collecte qu’il roulait en boule au fond de sa poche. Il partait chaussé d’espadrilles qu’il dissimulait sous l’escalier de la plage puis s’avançait pieds nus sur l’estran à la marée refluante, à mi-course. Son regard de chat lui permettait de repérer instantanément sur le sable à la marée descendante les deux petits trous rapprochés par lesquels respirent le coquillage et le petit jet d’eau intermittent que rejette la coque quand elle filtre l’eau. Nul besoin de gratter avec un crochet ou un râteau  et retourner tout un tas de sable: il méprisait ces outils qu’il abandonnait aux profanes. Il utilisait juste le bout des orteils pour immanquablement déterrer la bête puis se baissait prestement pour la glisser dans son sac.

De retour le soir, il rapportait toujours une belle cueillette qu’il aimer préparer lui-même. Il les faisait d’abord dégorger une bonne heure dans cuvette d’eau de mer pour éliminer le sable de la coquille. Ensuite il les faisait cuire 2 à 3 mn à feu vif dans un grand faitout accompagnées de vin blanc et d’échalotes, en les faisant retourner une à deux fois. S’il restait trop de sable, il utilisait alors le  jus de cuisson  pour les rincer à travers une passoire. On les dégustait arrosées d’un bol de cidre.  



Coques et hameçons 1

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