Troisième jour : vers Courseulles …

 Nous apprîmes par nos hôtes  de la ferme de la Tourelle que Longues leur Mer avait été le siège d’une importante abbaye dont les ruines avient été partiellement restaurée. Cette abbaye  bénédictine avait été fondée en l'an 1168 par Hugues Wac qui donna la terre sur laquelle elle fut bâtie et plusieurs autres donations mentionnées dans les chartes du monastère et approuvées par le roi d'Angleterre et duc de Normandie Henri II d'Angleterre. La famille Wac était possessionnée à Rubercy et dans le Cotentin. Un grand nombre de seigneurs anglais et normands, et Henri II lui-même, enrichirent l'abbaye de Longues2. Première fille de l'abbaye de Hambye, elle s'agrège en 1600 à l'Ordre de Cluny. Nous regrettâmes que notre chemin de la veille ne nous y ait pas conduits. La ferme de la Tourelle ancien manoir de Fontenailles, puis ferme de la Tourelle et ferme de la Montagne avec des bâtiments du 16 ème remaniée au 18ème et au 19ème avait certainement du  être en rapport avec la communauté des moines de par sa proximité (moins d’un kilomètre). On nous fit aussi le récit d’un étrange rocher surnommé la Demoiselle de Fontenaille, reliquat d’un bout de falaise qui s’était retrouvé isolé sur le rivage du fait de la montée des eaux  pour finir par disparaître tout à fait :

« Il y a une centaine d'années de cela, cet immense fanal créé par la nature en rongeant le calcaire des falaises, s'élevait, solitaire, sur la plage de Longues-sur-Mer. On raconte qu'elle avait auparavant deux sœurs, emportées par les caprices de la mer quelques décennies plus tôt. Une légende prétend qu'il s'agissait de trois jeunes filles pétrifiées de terreur en assistant, impuissantes, au naufrage du navire emmenant leurs fiancés. La dernière des [Demoiselles] rescapées est ainsi décrite en 1878 : « La demoiselle de Fontenailles ne manque pas de caractère au milieu du site sauvage où elle est restée isolée et qu'elle domine de toute sa hauteur : elle est impassible dans cette solitude du rivage, elle reçoit tour à tour les assauts furieux de la lame ou les caresses perfides des flots apaisés […] D'autres fois aussi, elle s'enveloppe d'un voile transparent de brouillards ; perdue dans la brume marine, elle revêt les formes les plus fantastiques, ne laissant deviner qu'une silhouette vague et indécise. » À la fin du XIXe siècle et au tout début du XXe siècle, elle est un lieu de promenade prisé et les foules à ombrelles et canotiers aiment venir se faire photographier sous sa masse imposante. Jusqu'au 26 avril 1902 où, en pleine tempête, la [Demoiselle] s'effondre dans la mer...

Source : https://www.patrimoine-normand.com/article-93726-la-demoiselle-de-fontenailles.html

Nous partîmes ce matin dans une brume de beau temps, repensant à toutes ces légendes Ne dit-on pas que la vérité est au fond du puits. Et un, puits, justement nous passions devant, tout semblable à une guérite de garde avec son toit de pierre. Fiché sur le bord du sentier, il semblait lui aussi dater du 17ème siècle : avait-il servi à désaltérer les douaniers ?

Là-bas, à l’autre bout d’un champ  dont  énorme tracteur retournait la terre, une haute statue émergeait de l brume . Une Vierge Marie monumentale domine ici à la fois la mer et le rivage. Notre Dame des Flots fut érigée en 1911  pour commémorer le centenaire d’une bataille navale contre la Royal Navy…



Le troisième jour 1


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