Le quatrième jour 1

De Pirou à St Germain sur Ay

 Pirou est avant tout connu pour son formidable château médiéval visité par près de 30000 visiteurs par an. Nous le visitâmes ce matin là.

Implanté sur un site viking, le Château fort de Pirou est une forteresse du XIIème siècle. On dit qu’un chevalier de Pirou participa à la Conquête de l’Angleterre et reçu un domaine dans le Somerset où sa famille fonda Stoke-Pero. Suite aux sièges de la guerre de Cent Ans, le château fort fut restauré au XVème, XVIIème et XVIIIème siècle. Depuis 1966, le château fort de Pirou est en restauration. Sous l’égide de l’Abbé Marcel Lelégard († 1994), la Fondation Abbaye de La Lucerne poursuit la reconstruction du château-fort médiéval. En son état actuel, le château fort construit sur une île au milieu d’un étang artificiel, conserve dans sa partie la plus ancienne, des remparts du XIIème et du XIVème siècle.

Pour y accéder, il faut franchir cinq portes fortifiées en tournant autour de la douve centrale où se trouvent la boulangerie du XVIIIème siècle, le pressoir avec son tour et sa longue étreinte, la chapelle seigneuriale Saint-Laurent, la salle des Plès et les anciennes écuries.

Cette basse-cour mène à l’intérieur de l’enceinte par un pont de pierre qui a remplacé le pont-levis au XVIIème siècle. Les remparts protègent le vieux logis du début du XVIIème siècle à l’Est et le neuf logis du début du XVIIIème siècle au Sud. Du donjon subsiste, à l’Ouest, la terrasse surélevée. L’ensemble est achevé par des toitures en schiste du Cotentin.

Comment expliquer  qu’un tel édifice militaire  ait été édifié à cet endroit. Il faut savoir que le littoral était plus proche à l’époque de sa construction. Si l’on a, au prix d’un tel déploiement de douves et de retranchements, fondé cette forteresse redoutable, au milieu des mielles, c’est que précisément elle était indispensable pour protéger un havre formé par un cordon littoral, qui constituait un mouillage naturel fort intéressant pour des vaisseaux d’un faible tirant d’eau, comme étaient, par exemple, les esnèques des Vikings du IXe siècle.

Une vieille légende qu’on relate ici, la légende des oies, est rattachée à l’histoire de ce château :

« Quand les Normands, nos pères, vinrent faire la conquête de ce pays, ceux d’entre eux qui s’emparèrent de cette contrée furent longtemps arrêtés par le Château-Fort de Pirou.

Le jugeant imprenable, ils renoncèrent à l’enlever d’assaut et, pour le réduire par la famine, ils en entreprirent le blocus.

Après un siège interminable, ils constatèrent qu’un silence de mort régnait dans le château fort. Craignant un stratagème ils laissèrent passer un jour entier, puis le lendemain tentèrent l’escalade. Le château fort était désert.

Ils ne trouvèrent qu’un vieillard grabataire auquel ils promirent la vie sauve s’il leur disait ce qu’étaient devenus le Sire de Pirou, sa famille et sa garnison. Le vieillard leur expliqua alors qu’à l’aide d’un grimoire le Seigneur et toute sa maison s’étaient changés en oies sauvages pour échapper à leurs assaillants. Les Normands se rappelèrent en effet qu’ils avaient vu, la veille, au lever du jour, une quantité d’oies cendrées prendre leur essor au-dessus des remparts.



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