7ème jour:  de Deauville à Honfleur

Nous passâmes une nuit maussade dans un des nouveaux hôtels des faubourg de  la ville tout aussi confortable qu’impersonnel. Ce fut une de ces étapes de transit  qui ne laissent généralement aucun souvenir.

Levés tôt le matin, nous reprîmes notre chemin vers la ville, impatient de découvrir cette prestigieuse  station de la côte normande. Deauville est tout d’abord réputée pour son hippodrome. C’était d’abord le premier espace que nous longeâmes pour parvenir à la plage. On a coutume de dire que le Duc de Morny, qui participa activement à la fondation de cette station balnéaire au milieu du XIXème siècle, y fit construire le champ de courses avant l’église. C’est dire qu’à l’époque, l’hippodrome, c’était à la fois le stade et le casino, et qu’une villégiature sans courses de chevaux n’était pas concevable.

«  Ces bâtiments coquets, le style anglo-normand des balances, les mouettes, évidemment, et les Groupes 1, voilà tout ce qui distingue le meeting d’août à Deauville de tout autre, et qui fait de cet endroit une sorte de machine à remonter, encore un peu, le temps.
Chaque été en août, aujourd’hui comme hier lorsque la « Haute Société » s’y donnait rendez-vous, l’hippodrome ouvre ses portes tout le mois pour accueillir un programme de haute volée, avec pas moins de cinq Groupes 1 à l’affiche. Les meilleurs chevaux sont donc là, avec les meilleurs jockeys, les meilleurs entraîneurs, et bien sûr les propriétaires, qui tiennent à assister aux fameuses ventes de yearlings, voisines du champ de courses. C’est aussi l’occasion unique de voir des pur-sang s’ébattre au bord de la mer sur la plage de Deauville, au petit matin, car le centre d’entraînement de Deauville, s’il accueille des chevaux tout au long de l’année, déborde de champions pendant l’été. »

Le cheval est une religion en Normandie. Haras du Pin (61), Haras de St Lô  sont parmi les plus anciens haras nationaux.  Le pays des bocages et des vertes prairies, la proximité de longues plages qui se découvrent à chaque marée, un climat tempéré, tout cela crée d’excellentes conditions pour l’élevage des étalons.  La création d’un grand hippodrome sur le site de Dosville se justifie par sa proximité de la capitale et sa liaison récente avec le chemin de fer. C’est bien à un spécialiste de la discipline que revient le création de l’hippodrome dont voici l’histoire :

Au duc de Morny, frère utérin de l’empereur Napoléon III, le turf français est déjà redevable de l’aménagement de l’hippodrome de Longchamp (1857), et de la conception et du financement du Grand Prix de Paris (1863). Le dernier volet du triptyque de son parrainage, ce seront les courses à Deauville. Avec le concours de son ami le docteur Oliffe, Morny décide d’organiser des courses à Deauville dans l’espoir de concurrencer bientôt Brighton en Angleterre, Baden-Baden en Allemagne et surtout la station normande voisine, Dieppe où l’on court depuis 1850. À leur avis, casino et courses sont indissociables.


Le septième jour 1

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