Le grand Trek (résumé) La colonne de prisonniers français où ont échoué l’aspirant Mathieu et ses camarades, erre sans but près de Danzig, qui se prépare à l’ultime assaut Russe. Ils s’avisent un fois encore de leur fausser compagnie. Ils sont finalement repérés et réintégrés comme « auxiliaires » du 1er Bau Regiment de Colonel Von Pawlits missionné pour la défense du port. En tant qu’officiers, ils sont dispensés des travaux de terrassement mais restent affectés aux cuisines. Bombardements russes, insalubrité du camp, désorganisation, la compagnie des prisonniers doit se rapprocher  un nouvelle foi de Danzig dans une ferme à 6 km du centre ville. C’est là qu’il assistent impuissants à l’incendie de Danzig. De nouveau ils rebroussent chemin vers l’est, le long de la Baltique.

Démoralisée, l’armée allemande se retrouve en pleine débandade. Le commandant de la compagnie les avise alors qu’on leur rend définitivement leur liberté. Ils sont alors conduits dans un camp dans les dunes occupé par une majorité de français. L’un d’eux, le sergent Breteaudau, curé de son état,  en a pris le  commandement…

Le Camp des dunes (suite)

Mais à part les inévitables corvées intérieures pour le ravitaillement en vivres et en eau, l'entretien des latrines, la permanence d'accueil,  ils étaient totalement libres de leur temps... et si le souci d'améliorer leur ordinaire les poussait parfois à de courtes expéditions dans le voisinage, ils hésitaient à franchir les limites de la zone qui leur était impartie... Il leur restait donc beaucoup de loisirs dont ils profitèrent pour essayer de retrouver dans cette masse de prisonniers certains copains qu’ils avaient perdu au hasard des circonstances. L’aspirant Mathieu ne rencontra que fort peu des ses connaissances d’Heilsberg. Rares rencontres où ils se félicitaient pour leur part de s'en être tiré à si bon compte. Ils s’abandonnaient alors à évoquer les morts, à anticiper les pénibles visites qu’ils auraient à effectuer de retour en France.

Penser au retour devint une obsession. Certainement, la fin de la guerre n'était plus qu'une question de jours. Ils assiégeaient les postes "radios" ou aucune station n’était plus clandestine. Les quelques rares Allemands qui osaient encore se risquer dans leur camp généralement pour le troc ne se seraient interposé à leurs écoutes.  Ils apprirent ainsi l’avance fulgurante des Russes qui étaient déjà aux portes de Berlin, mais aussi la progression des armées de Patton et de Bradley que leur prudente lenteur inquiétait.

 Le bruit avait déjà couru concernant de mystérieux marchandages entre Alliés... de la conclusion possible d'une "paix séparée" à l' Ouest, qui permettrait aux Allemands de retourner toutes leurs forces contre les Russes, avec la complicité du gouvernement Américain inquiet du déferlement soviétique... Ils imaginaient alors le sort qui leur serait réservé : leur relégation probable au fin fond de la Sibérie où ils n' auraient plus eu qu’à attendre leur libération par les Chinois ou même les Japonais !

 Ils n’étaient donc pas encore pleinement rassurés, et, dans l' immédiat, appréhendaient surtout le premier contact qu’ils auraient avec les troupes russes, chargées de les "libérer"... Déjà , dans un coin du camp une fanfare improvisée (Comment avaient-ils bien pu trouver les instruments ?) s' exerçait à répéter " L'Internationale ". Pour l' instant, tout était encore calme...   




La batterie des canons allemands multitubes - dernier modèle - stationnée à moins de deux cents mètres d’eux, s'était définitivement tue, abandonnée par ses servants - Le départ des coups qui leur déchirait les oreilles avait cessé. Mais, bien pire encore, les "orgues de Staline" continuaient à répondre ponctuellement,  de leur rafale serrée et tonitruante qui lacérait les arbres dans un fracas épouvantable.

TRACT N°2 -  ( traduction )

Bilingue Allemand-Russe, lancé par avion russe au-dessus du camp des Dunes (Stutthof) le 8 Mai 1945 -

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