Deuxième jour : vers Longues sur Mer

Lors de notre soirée à Vacqueville, notre hôtesse Mme d’H, constatant notre intérêt pour l’endroit se mit en devoir de nous conter l’histoire de ses terres.Après le dîner, bien installés devant un calvados maison nous étions bien prêts à écouter toutes les origines de la maison:

"A peu de distance des champs de L'Ormel se trouvent les herbages où sans doute dès le temps des Romains on nourrissait des vaches, ce qui fit donner à ce lieu le nom de Vacqueville (villa, exploitation; vaccarum, des vaches).  Le capitaine Jean-Louis Canivet de Vacqueville et son frère Isaac-François Canivet vendirent leur ferme de Vacqueville, le 7 août 1755, à Jean-Nicolas de Pleurre. La fille de Jean-Nicolas de Pleurre, Marie-Thérèse de Pleurre, en hérita et l’apporta en dot à son mari le châtelain de Vierville, Gilles-Edouard de Marguerye, qui possédait aussi Lormel et le Vaumicel. Après la mort de Gilles-Edouard de Marguerye en 1802, un partage du 18 septembre 1805, attribua Vacqueville et Lormel à ses petites-filles, les dames Achard de Vacognes et Couliboeuf de Blocqueville, pendant que le Vaumisset et le château de Vierville furent attribués à son petit-fils,  puisqu’ orphelin de son fils guillotiné sous la Révolution. »

Du coin de l’œil, j’observai  ma compagne papillonner des yeux, ereintée par une longue journée de marche. Mais nôtre hôtesse poursuivait :

« Madame Couliboeuf de Blocqueville, d'accord avec sa soeur, devint seule propriétaire avec son mari Louis-Lubin Couliboeuf, marquis de Blocqueville, chef d'escadron au troisième chasseurs, à Epinal, chevalier de la Légion d'honneur,

Le 12 décembre 1837, ils vendirent la terre avec laferme de Vacqueville, "consistant en maison d'habitation et bâtiments d'exploitation, cour, jardin, herbages, prés et labours plantés et non plantés, contenant 35 hectares 18 ares 10 centiares, enclavés, sauf les Teurterets et les herbages de devant, entre le chemin de Vierville à Trévières, celui de l'église de Louvières à Vierville et la voie allant au village de Vacqueville »

Du bout du pied, je réveillai mon amie qui venait de s’assoupir un instant, la respiration régulière,  et la tête renversée  sur l’appui-tête du fauteuil sans que Mme d’H semblasse un instant s’en apercevoir. La Ventilatrice me regarda l’air confus mais notre incontinente narratrice continuait de plus belle :

"Les acquéreurs étaient M. Jean-Louis-Laurent Ygouf, ex-adjudant d'infanterie, chevalier de l'Ordre royal de la Légion d'honneur, et son épouse, Mme Victoire-Louise Vimard. Le prix était de soixante-deux mille francs dont 3.000 payables dans les huit jours, 1.000 francs dans 1 mois, 1.000 francs dans deux mois, 3000 francs dans quatre mois, 10.000 francs dans six mois, 4.000 francs le 29 septembre 1838; resteraient à payer quarante mille francs en douze ans, soit 2.500 à Noël 1839, et ainsi d'an en an; finalement 12.500 francs à Noël 1850 (sans intérêt la première année et 4 % pour les 12 années suivantes… On avait l’impression que notre hôtesse récitait par cœur un acte notarié !

Le deuxième jour 1

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