accueil le sentier des douaniers ressources ceux de Scissy la trace contacts

Le onzième jour 1

Le lendemain matin nous avions décidé d’aller nous recueillir sur les tombes des Prévert et des Trauner. Le cimetière qui ceinture la petite église d’Omonville se trouvait à  quelques centaines de mètres de notre hôtel. La route montait en serpentant dans le vieux bourg. Nous étions déjà venus plusieurs fois en pèlerinage visiter la modeste maison des Prévert constatant à chaque fois de légères modifications comme si les élus successifs de la petite mairie semblaient embarrassés pour gérer la mémoire du (des) grand(s) homme(s).  Il y avait pour nous deux pôles essentiels dans Omonville la Petite :

Le cimetière (municipal) où repose la famille du poète et la maison des Prévert vendue en 1995  par les ayants droit au Conseil départemental de la Manche.

Mais l’aspect même du petit village, toujours aussi soigneusement entretenu, était un troisième volet essentiel dans notre recherche pour retrouver la présence du maître du collage. L’esprit de Trauner, mais aussi bien celui de Grimault rôdent encore dans les rues et dans les brumes de la Hague.

« Goury, avec son phare, était l’endroit préféré. Janine et Jacques (Prévert) venaient souvent s’y promener après le dîner. Mais il y avait aussi les extraordinaires et lunaires dunes de Biville, l’étrange et solitaire manoir de Pénitot à l’atmosphère anglaise ; la mine de fer abandonnée de Diélette était un fabuleux décor de film pour Prévert, poétique et tragique à la fois. Landemer aussi, là où Boris Vian passait ses vacances ! Un matin, nous quittâmes Goury avec le patron du bistrot qui avait un bateau, pour l’île d’AURIGNY, par un très beau temps. Tout se passa bien, nous fûmes bien acueillis. Jeanine et Lulu Rakz achetèrent un robot ménager hors taxes : le soir, à peine avions-nous quitté l’île que le vent se leva, la mer devint terrible et il fallait franchir le raz Blanchard. Ce fut affreux, nous étions totalement trempés et choqués en arrivant au port de Goury, et là, sur la digue, nous regardant venir, deux douaniers qui en s’excusant, nous dressèrent deux procès-verbaux pour les robots et une convocation à la douane de Cherburg pour le lendemain. Plus tard, nous avons tout de même rigolé  de cette histoire… »

Jacques Prévert en Cotentin – Gérard Fusberti –