Pêcheries

A marée basse, l’horizon à l’ouest de l’estran laisse deviner les liserés de constructions en pierres qui marquent comme une ultime frontière avec la mer.  

« On trouve trois pêcheries sur l'estran, à Jullouville. Deux sont en état et une est presque totalement démolie. Chacune appartient à une famille. Elles sont cédées de génération en génération, seule façon de conserver le droit d'utilisation auprès des Affaires maritimes. Si elle n'est pas entretenue, la pêcherie se trouve vite démolie par la force des marées et des vagues et la concession s'arrête définitivement. À Jullouville, les pêcheries sont construites en pierres sèches, tandis que celle de Carolles est en bois avec des pieux en aulne, saule, frêne, noisetier, et plus rarement, en chêne…. »

 Ouest-France, le 17/08/2015

Des archéologues travaillant sur le site ont pu relever des empreintes d’hommes et d’animaux datant de  4 000 ans. Ces hommes du néolithique  avaient imaginé une façon très  simple de pêcher. «  Le principe d'une pêcherie est très simple : deux murs sont édifiés pour former un V (le petit côté du V vers la mer). Cela forme un bassin qui constitue alors un piège pour les poissons. Ils y entrent quand la marée est montante. Elle recouvre le mur. Ils s'y retrouvent bloqués quand elle redescend. Les pêcheurs n'ont plus qu'à se rendre au bas du V pour ouvrir une vanne ou poser un filet par lequel s'échappent l'eau et les poissons. Mais le volume pêché est très aléatoire. Certains jours, il y avait jusque de quoi nourrir quelques individus.»

De nos jours, par acte notarié, la famille Verneuil gère encore une de ces deux pêcheries, construite vers 1543. Les pierres proviennent de Chausey et de l’Abbaye de la Lucerne. La  maintenance de leur agencement  nécessite un certain entretient et il est défendu du monter  à pied sur les murs qui risquent de s’écrouler plus vite.  Cette activité particulière du vidage de la retenue attirent nombres d’estivants lors des grands marées et toute une population de volatiles, mouettes et goélands avides de participer à la curée.

Ces pêcheries sont bien sûr recouvertes par l’eau à marée montante. Elles ne sont pas alors balisées. Une de mes connaissance en a fait toujours les frais arrachant les deux dérives d’un catamaran tout neuf qu’il venait d’étrenner. En 1974, un chalutier avait déjà emmené dans ses filets les poteaux du goulet qui maintenait la vanne. On avait du faire intervenir un agriculteur avec son tracteur pour reconstruire la pêcherie.

En 2003, un professeur de SVT à la retraite avait entrepris le projet de faire restaurer ces pêcheries comme faisant activement partie du patrimoine. Il avait obtenu un prix au concours « Sauvons les merveilles du patrimoine normand ».

A Granville, l’association des Amis de la pêcherie de la Tranchée avait alors mené de grands travaux entre 2012 et 2014 pour le compte de la municipalité qui est propriétaire de la pêcherie. La Gazette de la Manche en fait une relation dans son édition du 14 août 2014. Gazette de la Manche



Pêcheries et haveneaux  1

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