Le troisième jour 1


Troisième jour :  De Coutances à Anneville… quelque part près du château de Pirou

Cette troisième journée de marche fut une journée mémorable… pour ses galères. Pour rejoindre le trajet côtier du sentier des douaniers deux alternatives s’offraient à nous depuis Coutances :

Soit nous revenions sur nos pas en regagnant la rive droite de la Sienne, redescendant ainsi le val de Soulles jusqu’à son confluent avec le fleuve au Pont de la Roque ; puis nous longions le havre de Regnéville jusque la pointe d’Agon que nous avions entr’aperçue l’avant-veille. Cela nous faisait une distance de 17 km environ à parcourir. L’hébergement que j’avais pu obtenir se situait à proximité d’Anneville sur Mer. Il nous fallait bien compter encore 15 bon kilomètres pour gagner cette bourgade depuis le phare de la pointe d’Agon.

Mais il existait un autre itinéraire (GR223 b) partant de Coutances qui nous amenait à peu près à la même destination. Ce parcours nous faisait passer par Monthuchon, Ancteville, Muneville-le-Bingard et Géfosses à proximité de Anneville  ce qui nous rapprochait de Pirou où nous retrouverions le trajet côtier. Cet itinéraire nous amenait à notre étape du soir en 25 km environ.

Bien sûr, nous aurions préféré emprunter le sentier côtier n’ignorant pas le pittoresque de la pointe d’Agon avec son élégant petit phare et sa stèle dédiée à Fernand Lechanteur  écrivain et dialectologue de la Manche, toute entourée de ses menhirs contemporains . A cet emplacement un fort y fut même construit  en 1747 dans le but de défendre l'entrée des havres de Regnéville sur Mer et de Coutainville. Mais il fut démoli à partir de 1776 par les marées. Ce fort figure sur la carte de Cassini (feuillet de Coutances- 1754-1759).  La pointe d’Agon est riche en curiosités de toutes sortes dues à la multitude d’activités qui y étaient pratiquées :

 Sur ce littoral, la construction de pêcheries en bois est une tradition qui remonte au Moyen Âge. Ces vastes pièges à poissons étaient remis en état chaque fin d’hiver aux alentours de Pâques. Chacun avait un nom : « la Louise », « la Lavendière », « la Banqueroute ». Les cartes topographiques signalent encore leur présence. Elles étaient utilisées pour pêcher principalement les sèches, les orphies et les maquereaux.

Autre activité traditionnelle de la pointe d’Agon, la récolte de la zostère, qui mobilisait la population locale. Cette plante sous-marine à fleur était récoltée lors des grandes marées de juillet et d’octobre et utilisée comme chauffage. Elle était mise à sécher sur les parcelles du littoral louées spécialement pour cet usage. Sèche, elle était vendue sous l’appellation de « verdrière » ou de « pailleule ». Elle était utilisée pour le capitonnage des sièges des wagons de chemin de fer et l’emballage d’objets. Cette activité disparaît dans les années 1930.




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