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Premier jour : Des Salines de St Martin de Bréhal à Regnéville

Il existe un espace de la côte non négligeable entre Genêts, village où nous avions abandonné pour un temps notre périple sur le sentier des douaniers, et St Martin de Bréhal, point de départ où nous le reprenions. Nous repartions cette fois pour une randonnée d’une dizaine de jours qui nous mènerait tout au bout du Cotentin, jusqu’au Cap de la Hague. La description de cet  espace géographique  entre Genêts et St Martin a déjà été largement entreprise dans un précédent journal  (le n°1 du Murmure de l’Atlantique, qui constitue le prologue à toute notre relation). Nous aurons certainement l’occasion d’y revenir pour tenter de décrire de manière plus approfondie cette étendue toute à fait unique de par sa taille et son étrangeté, à cet endroit de la Manche où la mer découvre quotidiennement un des estrans les plus vastes de la planète …

Nous débutions cette fois notre chemin, au sortir de St Martin, non loin de l’hippodrome des Mielles, en direction du Nord.  Les mielles sont ces zones à fond sableux qui sont fertilisées à l’aide de varechs, d’algues noires ramassées sur les plages par des paysans pour cultiver les carottes si savoureuses que l’on vend par ici sur les marchés (Nous émettons quelques réserves sur l’abondance de produits phytosanitaires utilisés pour leur croissance).

Après avoir traversé quelques champs en suivant un chemin sinueux, nous débouchâmes sur  le long cordon littoral qui cerne la vaste lagune du Havre de la Vanlée. Le descriptif du GR223 rnous livre ceci:  « Une autre activité s’était développée ici autrefois qui occupait une bonne partie des habitants du lieu : l’activité des salines.  Les salines, évoquent le travail du sel qui se développa dès le VIIIème siècle, mais la Révolution, en supprimant les douanes intérieures, livra le sel blanc récolté par les sauniers à la concurrence des sels gris, moins chers. Les sauniers survécurent difficilement jusqu'au XIXème siècle puis s'éteignirent. »

La fabrication du sel dans la Manche est probablement très ancienne.  Au Moyen Âge, les salines des côtes normandes formaient une importante branche commerciale. Au XVIIIe siècle, cette industrie florissante utilisait beaucoup de main-d'œuvre.  Dans la zone de balancement des marées, les sables et algues flottantes plus ou moins salés étaient cueillis par des ouvriers puis chargés dans des tombereaux tirés par des chevaux. Ils étaient lavés puis portés à ébullition. On obtenait une sorte de décoction pour obtenir le sel gris. Ce sel ignifère était obtenu par évaporation ; c'est-à-dire par l'action du feu. Une saline était composée de trois éléments :

une portion de grève où se ramassait le sablon (sable salé),

le mondrin où était accumulé le sablon recueilli en grève. Le sablon était arrosé d'eau et le liquide saturé de sel, appelé la brune, était ensuite entraîné jusqu'à la saline,

la saline était une cabane ou hutte où s'activaient le boidrot et la boidrote qui faisaient bouillir la brune dans des cuves de plomb, pour recueillir le sel produit par évaporation.


Premier jour 1