Le cinquième jour 1

Cinquième jour : de Saint Germain sur Ay à Portbail

Nous reprîmes la route le lendemain matin par un temps incertain. Le sentier des douaniers suivait la côte de Bretteville sur Ay en remontant vers le nord jusqu’au lieu-dit la Poudrière en bordure du petit havre de Surville. Le havre de Surville est le plus petit estuaire de la côte ouest du département de la Manche. Il est profond d’environ un kilomètre et ne dépasse guère les 500 mètres de large, les eaux de la « Dure » n’étant jamais très profondes. Sa partie sud est fermée par une flèche sableuse dont la longueur fluctue sous l’effet des marées et du débit fluviale. Les importants massifs dunaires (environ 2 km de large) que sépare cet estuaire s’étendent au nord et au sud sur une longueur d’environ 3 kilomètres chacun… 

Nous traversions un de ces massifs dunaires au sud. Vierge de toute construction en dur, ces dunes sont particulièrement préservées. Seules quelques caravanes et autres cabanons démontables ont été installés sur quelques parcelles rigoureusement délimités. C’est tout juste si les estivants qui occupent ces campements se sont autorisés à édifier les tourelles de leur barbecue fixe avec quelques moellons de fortune. Le conservatoire de littoral a réalisé là un travail exemplaire :

« L’intérêt paysager du site est indéniable avec son havre et sa flèche sableuse. Le massif dunaire de grande envergure offre des sous-unités variées : pelouses, dépressions humides, fourrés, conifères… lui conférant une diversité d’ambiances, héritée des usages anciens. Le pacage des dunes et le creusement de nombreux points d’abreuvement pour le bétail (appelées mares ou pannes). Aussi, de manière plus récente l’avancée du maraîchage au sein même du massif dunaire a transformé de façon radicale certains espaces de pelouses rases au relief « moutonné » par un aplanissement des sables. Le patrimoine bâti historique est pauvre. Il se limite sur le site aux ruines d’une ancienne bergerie dissimulée dans la végétation de fourrés sur les « Mielles d’Allonne » et à deux blockhaus datant de la seconde guerre mondiale… »  (Source Conservatoire du Littoral)

A la Poudrière, nous fûmes accueillis par un troupeau de vaches charolaises toutes heureuses qu’on leur procure un peu de distraction. Le chemin s’orienta alors vers l’est longeant le havre où se déversait un des plus petits fleuves du Cotentin (moins de 10 km de long), La Dure.

« Le havre est le cœur du site, lieu de variation journalière du paysage par l’effet des marées, le havre est un espace ouvert, parfaitement horizontal dans lequel les courbes des méandres apportent nuance et diversité. Le reflet du soleil sur les vasières, les surfaces en eau, les prés-salés, tout contraste avec les massifs dunaires qui entourent cet espace. » (source Conservatoire du Littoral)

L’église du petit village de Surville (189 habitants) se profilait à l’horizon. Nous y parvînmes rapidement.


 


accueil le sentier des douaniers ressources ceux de Scissy la trace contacts