Le quatrième jour 1

Quatrième jour : de Barfleur à Saint Vaast la Hougue

Une courte étape nous attendait ce jour : à peine 13 kilomètres pour nous mener de Barfleur à Saint Vaaast où nous devions séjourner sur l’île de Tatihou. Il faisait un temps magnifique et nous avions bien l’intention de musarder. Le sentier contournait Réville, dont l’ancien curé avait été prisonnier de guerre affecté au Stalag IA en Prusse Orientale, compagnon de misère d’un certain aspirant Mathieu. Il devait maintenant être décédé depuis longtemps. Le vent caressait les oyats dans les dunes.

Si l’ostréiculture, la pêche côtière, le tourisme et la plaisance restent les activités principales de la petite commune  de près de 2000 habitants, Saint Vaast peut s’enorgueillir d’être le berceau du chantier naval Bernard spécialisé dans la construction et la restauration de bateaux bois. Que ce soit des voiliers traditionnels et classiques, des  embarcations de plaisance et des  unités de pêche légères en bois ou en polyester, ses ateliers perpétuent une tradition bien normande dans  la construction navale. En traversant Saint Vast nous découvrîmes une autre entreprise plus particulièrement spécialisée dans l’usinage des mâts des grands voiliers. En 2015, un journaliste de Ouest France interrogeait un jour le patron de cette entreprise : « Nous travaillons l'usinage des mâts et leur anodisation à Saint-Vaast avant de les envoyer à La Rochelle pour y être équipés de leur accastillage. » L'usine saint-vaastaise fabrique annuellement 1 500 mâts avec une spécialisation pour les voiliers de 18 m. « Il faut 150 heures pour réaliser un mât », poursuivait Dominique Yon. Le directeur se félicitait d'avoir fourni l'accastillage de dix voiliers courant le Vendée Globe. « Depuis 2000, tous les gagnants étaient équipés avec notre matériel ». Thomas Coville, qui tentait alors de battre le record du tour du monde à la voile, avait également équipé son voilier Solébo avec du matériel saint-vaastais.

Dans le’ centre de Saint Vaast, Irice fut irrésistiblement attirée par un drôle de véhicule qui s’était trouvé une petite place  sur le parking entre deux berlines récentes. Si cela n’avait pas été une automobile d’exception, on aurait dit de par sa taille, la copie conforme de la voiture de M. Hulot, immortalisée dans le film « Les vacances de M. Hulot ». Cette copie conforme était en réalité un véhicule de la même marque :

« La Salmson GS (Grand Sport) est une voiturette de sport équipée du fameux moteur 4 cylindres de 1100 cc avec son double-arbre-à-cames en tête et sa culasse alu hémisphérique qui développe 35 CV et peut monteur à 120 km/h. La transmission se fait sur les roues arrières via une boite 3 vitesses (non synchronisées). »

Vérification fut faite par la suite  : « La voiture du film était  à l'origine une voiturette de catégorie administrative cyclecar, 1 100 cm3 maxi, de la marque française Salmson, type VAL 3 (Voiturette André Lombard, l'ingénieur qui l'avait conçue), qu' André Pierdel, chargé des effets spéciaux, avait modifiée pour les besoins du film afin d'en faire un « vieux tacot » ridicule, ainsi que le rapporte Stéphane Pajot : « Normalement, la vraie voiture avait les ailes arrondies. Je les ai coupées droites, puis on a ajouté une roue de secours sur le côté avec une corne à poire. Tati voulait qu'elle soit plus marrante et qu'elle pétarade. En fait, j'étais planqué dans le coffre avec un tuyau et du talc pour faire un panache de fumée à l'échappement. Un moment, un paquet de talc est tombé sur la route mais on ne s'en aperçoit pas. Pour qu'elle ait un côté encore plus ridicule, on avait ajouté le filet, la canne à pêche...»  Wikipedia


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