Le sixième jour 1

Sixième jour : Sainte-Mère-Eglise

 St Mère-Eglise : It was the first town to be liberated on the western front 5-6 june 1944 - Saga of the all american -

Telle est l’inscription qui figure sur la stèle à gauche de la grosse borne du kilomètre 0. Une autre stèle à droite donne la traduction en français : Sainte-Mère-Eglise fut la première ville libérée sur le front ouest 5-6 juin 1944.

Passionné d’histoire(s), le Sonorisateur posait hilare de façon un peu  incongrue devant la stèle du monument aux morts honorant la quarantaine de Sainte-Mère-Églisais qui avaient donné leur vie lors des combats de la deuxième guerre mondiale. Nous étions parvenus au kilomètre 0 de la voie de la Liberté, ainsi qu’en témoignait la  borne kilométrique gigantesque particulièrement fleurie qui occupait une place d’honneur sur la place de la mairie. Un quart de siècle auparavant, on se souvenait avoir photographié, au même endroit, une borne quasiment analogue - mais  factice tout de même - qui indiquait, sur cette même voie de la liberté le kilomètre 975. Cette distance correspondait approximativement à celle qui sépare la ville de Sainte-Mère Eglise et celle de Bastogne en Belgique. Deux villes, deux noms qui situent le déroulement de deux grandes batailles. Celle de Normandie qui coûtera aux armée alliées 37 000 tués et 163 000 blessés et côté allemand 80 000 tués, 170 000 blessés et 200 000 prisonniers. Celle des Ardennes Belges, six mois plus tard,  avec 11 000 tués et 50 000 blessés côté américain et, pour les forces allemandes, près de 20 000 tués, 15 000 disparus, et 50 000 blessés.

Chaque anniversaire un peu important, les journaux se font l’écho des nombreux récits qui émaillèrent  tout le déroulement de cet événement mondial que fut le débarquement sur les côtes de Normandie des armées alliées le 6 juin 1944. Sainte Mère Eglise en était  l’épicentre.

Chaque année les anciens héros y reviennent d’ailleurs en pèlerinage, même s’ils sont de moins en moins nombreux. Ce sera bientôt leurs enfants et leurs petits-enfants qui viendront s’incliner sur les 9386 tombes du cimetière militaire américain de Colleville mais également sur les sépultures des 21222  soldats allemands de La Cambe, à  proximité d’Isigny-sur-Mer. Comme certaines villes au Moyen-Âge dont les églises recevaient comme une bénédiction la bonne fortune d’abriter une relique sanctifiée, recevant en retour la manne financière des dépenses de nombreux pèlerins qui les visitaient, Sainte Mère Eglise, sanctuaire des premiers combats du débarquement, et, somme toute, relativement épargnée comparativement à d’autres villes normandes, accueillait périodiquement des contigents  de  ces touristes de guerre et voyait ainsi sa prospérité  assurée pour de nombreuses décennies. Ainsi, le 5 juin 1984, on célébrait ici  le quarantième anniversaire du débarquement. Ici, nous avions fait déjà  le déplacement. La fête avait regroupé tous les nostalgiques et tous les collectionneurs d’engins militaires et d’uniformes de l’époque. Des colonnes de véhicules encombraient la rue principale complètement envahie par les badauds. Comme le fameux jour J, le temps était menaçant.  Les civils locaux avaient eux-mêmes revêtu des costumes d’époque et l’atmosphère était plutôt recueillie, émue mais  bon enfant. Nombreux étaient à cette époque les vétérans américains qui avaient fait le voyage. Ils avaient alors pour la plupart une soixantaine d’années. Ils s’étaient retrouvés avec les anciens combattants de l’armée française arborant le drapeau de leurs régiments pour assister la messe commémorative qui avait lieu exceptionnellement ce mercredi 6 juin.



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