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Récit d’Isigny à Honfleur

Premier jour : dimanche 22 septembre 2013

A l’issue de notre périple précédent qui nous avait conduits de Cherbourg à Isigny, nous avions décidé  avec le sonorisateur d’aller visiter  le plus important cimetière  militaire allemand dans cette zone où les combats avaient fait  rage de juin à août 1944. A moins de 10 kilomètres d’Isigny, la nécropole allemande avait été inaugurée le 21 septembre 1961. Dès 1945, conformément aux vœux des familles, les autorités américaines avaient transféré dans leur patrie environ deux tiers de leurs soldats morts au combat. Pour les autres, on créa, à 15 kilomètres environ de la Cambe, le cimetière américain de St Laurent-sur-Mer (Colleville). Pour la partie adverse, il  fut décidé en 1954, dans l’accord franco-allemand relatif aux tombes de guerre, d’aménager le site de La Cambe pour en faire l’un des six cimetières de regroupement allemand en Normandie (Marigny 11169 + – Champigny 19909 + – Mont de Huisne 11956 + - Orglandes 10152 + - Saint Désir de Lisieux 3735 +.  Environ 2000 autres dépouilles ont été réunies dans d’autres cimetière alliés en Normandie.  Le Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge (Service pour l’Entretien des Sépultures Militaires Allemandes) fut chargé de cette tâche. À La Cambe, les collaborateurs du Volksbund regroupèrent plus de 12 000 morts provenant des autres cimetières provisoires des champs de batailles dans plus de 1 400 communes des départements du Calvados et de l’Orne.  En 1958, La Cambe a été le site du premier camp de jeunes organisé par le Volksbund en France. Depuis lors, les jeunes participants, soutenus plus tard par les soldats de la Bundeswehr (R.F.A.) aident à entretenir et rénover le cimetière.

Dans ce cimetière, 21 222 soldats reposent et chaque tombe est une exhortation à la paix. En effet, un Jardin de la Paix a été aménagé entre le cimetière et la route nationale (R.N. 13). Plus de mille arbres, portant chacun sur une petite plaque le nom de son parrain donateur, forment avec le cimetière voisin un ensemble unique au monde. La plupart des victimes de guerre qui reposent ici sont tombées entre le 6 juin et le 20 août 1944. Beaucoup de ces soldats étaient encore très jeunes – ils n’avaient que 18,19 ou 20 ans. Ils sont morts lors du débarquement des Alliés et des combats qui lui ont succédé. 300 soldats inconnus reposent sous le tumulus central de la Cambe couronné de sa croix de granit de plus de 5 mètres de haut.

On peut noter que périodiquement des corps de soldats allemands  sont découverts dans les environs des plages du débarquement, 80 ans après les faits. Plus de sept cent corps ont été retrouvés depuis 1945. Lorsque nous visitâmes les lieux, il faisait une chaleur difficilement supportable. Le cimetière accueillait de nombreux visiteurs. Il émanait de l’endroit une ferveur tout à fait particulière avec cette   caractéristique un peu germanique, wagnérienne, du mythe du héros mort au combat. La disposition  des sépultures, les matériaux utilisés, le tumulus central, tout conférait à donner au champ mortuaire une atmosphère d’étrangeté un  peu iréelle  d’un paradis guerrier. L’hôte le plus prestigieux particulièrement adulé ici est Michael Wittmann, SS-Hauptsturmführer (Capitaine chef d'assaut) héros mort au combat :


 

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