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Voiliers et Chariots 1

Voiliers

Il y a plusieurs  cales qui permettent aux bateaux d’accéder au bord du rivage. Les deux plus importantes se situent près de la Tarasque à Jullouville. Si l’APPJ a jeté son dévolu sur la plus récente et la plus grande, dotée d’un poste d’intervention de sauvetage en mer de la SNSM et avec un grand parking qui permet d’accueillir véhicules et remorques, Le club de voile de Jullouville s’est installé sur la plus ancienne, avenue de la Tanguière, plus proche du centre. A proximité, le Centre régional de Nautisme de Granville, affilié  à la FFV a ouvert une annexe de son école de voile. Ainsi pendant la bonne saison, une noria de stagiaires se déplacent comme des fourmis sur l’estran, suivant les marées et déplaçant des petits catamarans aux couleurs chamarrées avançant dans un sens ou d’ans l’autre. Ils sont encadrés par leurs gendarmes oranges, moniteurs de voile embarqués ans des zodiacs. Les jeunes gens de l’école de voile sortent presque par tous les temps. Si, par vent frais, on réduit la voilure, par grand frais la force des rouleaux interdit souvent la partance en mer de si petits esquifs. Les « Hobbies Cat » furent les premiers petits catamarans qui firent leur apparition sur la côte au début des années 1970. Auparavant, on apprenait à naviguer depuis la plage sur des optimists, des vauriens et pour les plus aguerris des 4.20 qui prirent le nom de leur longueur (m). Les lourdes caravelles, pour les cours collectifs étaient réservées aux bassins du port à Granville. Elles étaient trop pesantes à tirer sur une grande distance de sable.

Très vite, vers les années 1960 furent organisées les premières régates   dont la célèbre régate du Loup (1968). La compétition se déroula d’abord avec des 4.20 ou des Mousses, voilier plus léger d’une longueur de 3.90m. Bientôt les coques en plastique rotomoulé, nécessitant moins d’entretien, remplacèrent les coques en bois. Dériveur de luxe en bois moulé, le fameux 5O5 fit son apparition sur la plage vers la fin des années soixante. Esquif de luxe, sa longueur (5,05m) lui permettait de gagner toutes les courses. La construction par les chantiers Morin du Quat’sept, dériveur de 4,70 m  à coque plastique vint très vite lui tenir la dragée haute. Il devint d’ailleurs voilier de série olympique. On pouvait voir sur les plages de Jullouville aussi un petit voilier légendaire, extrêmement maniable et joliment dessiné le Moth. Avec sa voile de 7 mètres carrés et son poids d’environ 60 kilos, ce dériveur de 3,35m était destiné à la navigation solitaire et fit beaucoup évoluer l’esprit de la discipline…

De nos jours, toutes ces coques ont largement évolué, et chaque année, c’est un nouveau développement de formes nouvelles, plus audacieuses les unes que les autres, comme si la mode  de la plaisance suivait le design envahissant et si peu gracieux de la course aux gros volumes  qu’on  retrouve dans la construction automobile. Aussi le catamaran Flying Phantom Essentiel croisé sur l’estran, au prix vertigineux de 26 000 euros (only), me faisait plus penser par son « look » au design peu grâcieux des Toyota Hybrid. Rien à voir avec cette petite gazelle des sables, petit côtre aurique de  2.70 m sorti de l’Atelier  Besnié, qui remontait fiérement eu vent mais qui m’emportait bien plus loin avec sa voile ocre, jusqu’au rivage  des Samoa au pied du Mont Vaea où sommeille Stevenson.