1. Foire de Bruxelles Midi . 1986

« Tournez, tournez, bons chevaux de bois/ Tournez cent tours, tournez mille tours/ Tournez souvent et tournez toujours / Tournez, tournez au son des hautbois, le gros soldat, la plus grosse bonne/sont sur vos dos comme dans leur chambre,/car en ce jour au bois de la Cambre/Les maîtres sont tous deux en personne » Paul Verlaine – Chevaux de bois- Août 1872 – Romances sans paroles.

En 1986, Je me retrouve à manger une frite à la foire de Midi, un peu étourdi après une bonne Gueuze bien fraîche. Dans la foule, je perçois alors autour de moi, malgré le mouvement du manège ivre, un moment d’attente, une certaine impatience et beaucoup d’énervement. N’est-ce pas un lieu de rendez-vous ?



J’ai rendez-vous avec vous

2. Bom Jesus- Braga - Portugal 1990

L’escalier majestueux dévale dans une géométrie parfaite depuis l’esplanade du sanctuaire du Bon Jésus de Braga jusqu’à la plate-forme panoramique qui domine la ville. Chaque palier est ponctué d’une fontaine extraordinaire encadrée de hautes statues de style néo classique portugais, inspiré par les volutes de l’art manuelin. Cet escalier est désigné sous le nom d’ « Escalier des cinq sens ». Une des fontaines retient particulièrement mon attention. La fontaine du premier sens, la vision, porte l’inscription « Homme prudent, prends-les pour un rêve et ainsi tu seras attentif ». L’eau coule par les yeux d’un visage. Dans sa main, une paire de lunettes, suggérant ainsi la faiblesse de ce sens face à la connaissance…

La chanson « En passant par la Lorraine »  qui entraînait en 1914, les braves pioupious vers une guerre meurtrière est en fait une chanson nationaliste construite de toutes pièces en 1885 pour mieux préparer au conflit. Brassens en a fait une chanson d’amour qui dénonce  au passage l’imbécilité des trois capitaines (qui auraient bien fait de porter des lunettes !)


Les sabots d’Hélène