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Premier jour : Cherbourg, gare maritime

De nos différents voyages de notre mission  à Cherbourg, nous retiendrons deux dates principales à plusieurs années d’intervalle. Notre précédent périple nous avait conduits à explorer toute la côte ouest du Cotentin à la découverte de somptueux paysages très variés, malheureusement ternis par les deux verrues disgracieuses et peu rassurantes  que constituaient  la centrale nucléaire de Flamanville et de l’usine de retraitement des déchets nucléaires de la Hague qui, selon Jacques Prévert, « feraient de  bien vilaines ruines »…   

Nous devions maintenant reprendre notre progression vers l’est, tout le long de la côte, à partir de cette ville un peu mystérieuse,  située tout au bout de la France au plus septentrional de la presqu’île du Cotentin. Cherbourg est aussi l’ autre grand arsenal qui partage avec le port de Brest cette particularité d’être géographiquement passablement isolé. Mais pas seulement. Cherbourg  a la réputation de posséder, tout comme la ville de Brest, un climat particulièrement océanique qui a  fait d’elle la capitale du parapluie. Il existe toujours ici une entreprise qui s’appelle  « La manufacture des parapluies de Cherbourg », en hommage peut-être au célèbre film de Jacques Demy. Située au cœur de la ville, la Manufacture a investi l’ancien bâtiment de la Banque de France, sur le quai Alexandre III, face aux bassins.  Deux générations de fabricants confirment maintenant  le renouveau d’une tradition :  « Issu d’une famille de manufacturiers du cuir de Père en Fils installée depuis 1800 à Cherbourg, Jean-Pierre Yvon crée et dépose la marque « Le Véritable Cherbourg » en 1986. Aujourd’hui, elle est reprise par son fils Charles…. »

Nous  visitâmes pourtant cette ville aussi bien  à travers son  rideau  de pluie que dans l’écrin d’un étincelant soleil. Elle se montra alors sous un jour luxueux, reflétant dans ses bassins, resplendissantes, toutes les  voiles blanches de grands voiliers, trois  ou quatre mats-barques tout pavoisés de couleurs chatoyantes, venus ici faire escale en cette belle matinée de juillet. Comme à Brest, nous étions tombés ce jour là sur un de ces rassemblements  de navires historiques  qui enchantent les foules. C’était pour le coup celui de la Tall Ship Race de 2005.

Mais à chacune de ces  visites, notre imagination fut d’abord frappée par le même symbole, celui d’un mastodonte de métal gris comme sorti tout droit  d’une vision d’Edgar P. Jacobs, l’auteur d’une bande dessinée qui  avait bercé notre enfance: Le Secret de l’Espadon. Or l’Espadon cette fois n’était pas  un avion à réaction submersible, supersonique et radio-commandé, mais le premier sous-marin nucléaire français. Il avait la forme d’un long cigare abandonné là  tout à côté d’un imposant hangar qu’on aurait bien  pu prendre pour une base secrète. Ce cigare portait un nom effrayant : le Redoutable.  On mettrait bien sa main à couper si ce fumigène ne risquait pas un jour de nous faire beaucoup tousser …

 Pourquoi donc cet effrayant dragon avait-il choisi cet endroit précis pour y installer son nid et y pondre ses œufs ?  N’était-ce pas au fait le même dragon qui hantait le fond de la baie du Mont Saint Michel  bien des siècles auparavant ?  

Enquête: A cette époque post-romaine,  Coriallo, cité celte n’est pourtant pas la capitale du peuple des Unelles, souvent en litige ave les légions romaines. C’est seulement vers 430 que la ville est évangélisée par Saint Ereptiole puis par St Germain d’Ecosse d’origine irlandaise ( Sic)…  



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