Deuxième jour : Cherbourg en 2005

Elle nous revint comme dans un rêve cette  journée de juillet bien particulière que nous avions passée là, sous un soleil éblouissant. C’était  à l’issue de la dernière étape qui nous avait mené aux portes de Cherbourg, juste après la visite de ce temple de verdure en toute sérénité que nous avait offert  le jardin de Prévert, à Querqueville. Ce jour là, il y avait une telle affluence dans la préfecture maritime de la Manche que nous n’avions pu trouver d’hébergement qu’au camping de l’IGESEA (institut de gestion sociale des armées). A Irice et moi, on avait mis à disposition un bungalow en location: l’organisation y était  tout à fait militaire ! Depuis le camping, on avait pris un bus qui nous avait déposé près de la place Napoléon. Nous avions là, juste en face de nous, l’édifice le plus ancien de la ville. C’était aussi, avant-guerre,  le premier monument d’envergure  qui se présentait à la vue des passagers de la toute nouvelle gare maritime de Cherbourg. Edifiée sur un large terre-plein qui borde le sud de la rade, la basilique de la Trinité est un élégant édifice de style flamboyant. L’évangélisation de Cherbourg date sans doute d’une première église sans doute érigée dans la ville par St Ereptiole, premier évêque de Coutances vers 435. Ce premier édifice fut détruit par les invasions normandes et reconstruit plus tard par ces mêmes Normands convertis depuis au catholicisme. La dédicace de la seconde église paroissiale date de 1055, une dizaine d’année environ avant l’invasion de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant (1066). Au XVème siècle le monument qui avait  subi de nombreuses mutilations pendant l’occupation anglaise fut  totalement remanié et considérablement restauré: on reconstruisit tout le chœur avec les chapelles mais aussi le clocher bâtière typique de la Basse-Normandie. La nef avec ses deux bas-côtés fut également  considérablement agrandie : la population de la ville augmentait sensiblement à cette époque. La cathédrale nécessita encore une grosse restauration à la fin du XIXème siècle. Et c’est seulement en 1921 qu’elle fut enfin élevée au rang de basilique… Non loin de là se dresse la fameuse statue de Napoléon avec cette dédicace pour le moins étrange : « J’avais résolu de renouveler à Cherbourg les merveilles de l’Egypte ». L’empereur des français avait eu de bien grandes ambitions pour la ville.

La cité était maintenant envahie par les touristes. La raison de cette affluence dans ce port était l’arrivée ce jour de la Tall ships race, l’année précédant son cinquantième anniversaire. Dès décembre 2004, le message avait été édité sur le site internet de la mairie:

 Partis de Waterford en Irlande, les plus grands voiliers du monde feront une seule étape en France, à Cherbourg, du 14 au 17 juillet 2005, avant de repartir en direction de Newcastle-Gateshead puis Fredrikstad, étape finale de la course en Norvège. C'est le seul grand évènement nautique organisé pour l'année 2005 en France. Près de quatre-vingt vaisseaux répartis entre quatre classes A, B, C et D  dont 30 appartenant à la prestigieuse classe A définie comme suit :

Tous voiliers à phares carrés et tous les autres navires de plus de 40 m de longueur de coque (LOA)
(Sont considérés comme voiliers à phares carrés (Classe A), les 3, 4 et 5 mâts carrés, les 3, 4 et 5 mâts barques, les 3,4 et 5 mâts goélettes, les goélettes à huniers, les bricks et bricks goélettes).


Le deuxième jour 1

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