Il leur tardait maintenant de s’en retourner au camp où enfin ils pourraient tenir conseil recevant les avis pertinents des anciens et surtout de Galfand  qu’ils espéraient retrouver en meilleur santé.

 Cavale et Brunpoil frais et dispos, piaffant dans la prairie, Buba frétillant de la queue à l’idée d’une nouvelle course en forêt,  les deux garçons se mirent en selle dès le déclin du jour.

Au même moment une ombre se glissait dans la cour du « Relais du Ty Breton ».  Détritux se demanda  bien alors quel voleur se permettait de s’introduire ainsi dans sa taverne clandestinement et pour quelle rapine. Il s’arma de l’épée qu’il conservait derrière un tonneau et tenta de surprendre l’individu par une coupe meurtrière, mais celui-ci, d’un vif saisissement, détourna son arme et il se vit le cou serré et la pointe d’un poignard qui s’enfonçait dans sa gorge. Il reconnut Bertrand, le second de Crotoy.

- Me diras-tu ce que tu faisais au hameau de la Butterie la nuit où Crotoy est venu chercher les enfants ? Combien le Borgne t’a-t-il donné pour ce menu service ?

Détritux sentit son heure venue. Une sueur glacée lui perlait le front. Puis il sentit qu’il se relâchait dans ses braies. Bertrand éclata de rire :

- C’est qu’il en pisserait dans ses chausses !

- Attendez, je sais quelque chose, je sais quelque chose …

- Et bien accouche, bastard, avant que je n’tétripe…

- J’n’veux parler qu’au seigneur  Crotoy …