3. - C’est froid, ça mouille, Pépé. Tu m’arroses encore, dis, s’il te plait,  pépé !

- T’approche pas trop près quand même. Si tu mouilles tes godasses, mémé va me tomber dessus !

Dans le jardin d’en face un vieil homme  arrose ses fleurs sous l’œil attentif d’une petite fille.  Je surprends leurs paroles. Soudain le goût des framboises me remonte à la bouche. Celles que je cueillais autour de la tonnelle du jardin de mon grand-père jouxtant le petit pavillon du Chesnay où je passais mes vacances à piller ses récoltes. Lui, le béret vissé sur son crâne dégarni, l’oeil goguenard, s’amusait pour me distraire à arroser subrepticement à travers la grille les passants de l’autre côté qui  patientaient à l’arrêt du bus …

Dans ce quartier populaire du Chemin Vert, lorsqu’une personne décédait, il était coutume de faire une collecte pour aider à subvenir aux frais des obsèques…


Grand-père

4. De retour de vacances, le jardin est envahi d’herbes folles. La demoiselle  brandit la faux qui va nous servir à tout débroussailler. Vision d’une camarde à l’apparence sympathique. « Et, mon oncle emboîta le pas de la belle qui ne semblait pas si féroce… Et les voilà, bras d’ssus, bras d’ssous, les voilà partis je n’sais où , fair’ leurs noces … (bis)

Et si, après tout, la mort n’était pas tout à fait la fin ?…



Oncle Archibald