1 La côte belge, de la Panne à Ostende est un amplificateur d’humeur. Si vous êtes dans un excellent état d’esprit, optimiste et gai, elle vous apportera un sentiment d’aisance et d’insouciance identique au meillleur «american way of life » ou bien encore à l’île des plaisirs de Pinocchio. Dans ces cas-là, il faut mieux la parcourir en été, par jour de grand soleil, avec quelques joyeux compagnons. Mais en novembre, si par malchance ce jour-là, il pleut comme toujours en automne et que vous êtes seul, sous l’empire d’un spleen abyssal, ce paysage de buildings vides, de plages presque désertes, juste peuplé de vieillards millionnaires, sur cette étendue limitée à l’ouest jusqu’à Dunkerque par les fumées suspectes des usines d’Arcelor, et à l’est par l’estacade d’Ostende qui se perd dans le gris glacial de la mer du Nord, ce paysage, je l’affirme, ne fera que vous accabler. Ainsi ce jour-là, cette plongée dans le blues s’est transformé en une crise de paranoïa aigüe provoquée par la menace d’une meute de chiens toute prête à être lâchée à ma poursuite, sur les traces de mes empreintes laissées sur le sable d’une plage sans vent.
La mauvaise réputation
2.En déambulant à travers cette immense fête de Gent qui se déroule habituellement chaque mois de juillet, on assiste à de nombreux ateliers créatifs. Parmi ces ateliers improvisés en extérieurs, on trouve pas mal d’ateliers de danse. Les danses latines sont majoritairement privilégiées. Les participants débordant d’enthousiasme, dans une ambiance débridée, s’efforcent de reproduire le modèle d’un maître virtuose qui s’escrime à les maintenir sur le fil d’une musique endiablée. Le tango, popularisé par le toulousain Carlos Gardel qui prend ses sources dans les bas-fonds de Buenos-Aires et de Montevideo est originaire de la communauté noire d’Amérique Latine, issue de l’esclavage. Etymologiquement un de ses tous premiers sens signifie : « Endroit où le négrier parquait les esclaves avant l’embarquement. »
Le mauvais sujet repenti