Chapitre 23
Le lendemain de leur installation, les louvetiers constatèrent que Galfand reprenait du poil de la bête. Au réveil, il avait pu boire sans aide la boisson brûlante qu’Ipona lui avait préparée à base d’herbes médicinales prescrites par Somba. Ses blessures qui le démangeaient commençaient de se cicatriser. Il demanda à ce qu’on lui nettoie les pieds et les mains. Il se sentait de se remettre debout, mais Tola, ici présent le lui interdit :
-
C’est seulement à ce moment que Galfand prit conscience qu’il se trouvait en un lieu inconnu. Il demanda alors où ils se trouvaient.
-
-
-
Galfand commençait à se rappeler la conversation qu’ils avaient eu la veille alors que la caravane faisait halte près de Coutances. Cette fois, il avait les idées claires
-
-
-
-
-
Tola et Cello se consultèrent briévement du coin de l’œil :
Tu n’es pas en état Seigneur Gandalf de mener une telle expédition.
-
Ipona saisit la main de Galfand et lui dit :
-
Cette simple petite phrase décida le ménestrel à rester. Il retomba sur sa civière déjà épuisé par les efforts qu’il avait bien pu faire. Les deux frères s’éloignèrent pour préparer leur raid de la nuit. Tout autour d’eux bourdonnaient les conversations. Si Somba ne revenait pas, il faudrait bien réunir le conseil pour désigner le prochain chef du village. Ils acceptaient sans trop d’enthousiasme le départ des deux frères mais qu’adviendrait-
Comme ils l’avaient annoncé, Cello et Tola quittèrent le campement à la nuit tombante sur les deux meilleurs chevaux qu’on leur avait trouvé, Cavale, la jument blanche un peu lourde mais extrêmement résistante que montait Cello et un étalon cobs à la robe brune, plus fin sur ses aplombs et plus rapide, que conduisait Tola. Galfand qui avait réussi à se remettre sur ses jambes les suivit du regard s’enfoncer dans la forêt. Ils étaient précédé par Buba qui lança un joyeux aboiement à la cantonnée, tout heureux de la randonnée. Cela les rassura un peu de les savoir avec ce chien qui parlait aux loups…
La nuit n’était pas si noire malgré l’obscurité sous la couverture des arbres et ils pouvaient découvrir, par intermittence la nouvelle lune qui commençait à croître au milieu d’un fourmillement d’étoiles. C’était une longue chevauchée qui s’annonçait puisqu’ils ne devaient par parcourir moins d’une bonne quinzaine de lieues avant d parvenir à Karol où ils espéraient que Buba retrouverait la trace de son maître. Tout se passa sans encombres jusqu’au pont de la Roque à trois lieues de leur point de départ. Après leur passage mouvementé deux nuits auparavant et l’attaque des deux miliciens qui surveillaient le pont, on en avait renforcé la garde. Il y avait cette fois quatre hommes et surtout un chien qui se relayaient sur le tablier et dans la guérite. En s’approchant précautionneusement, Tola et Cello pouvait entendre leurs palabres car leurs voix épaisses portaient sur l’eau :