9. Un mariage quelque part en France vers 2010
En robe grise et verte, avec des ruches,
Elle apparut souriante à mes yeux
Qui l’admiraient sans redouter d’embûches.
Elle alla, vint, s’assit, parla
Légère, grave, ironique, attendrie
Et je sentais en mon âme assombrie
Comme un joyeux reflet de tout cela.
Après le mariage à l’église, « le déjeuner dinatoire, rue Nicolet », ce fut la fin de ce jour que Verlaine appelait depuis si longtemps de tous ses vœux…
C’était bien, en effet, pour l’auteur des Poèmes Saturniens, l’un des moments les plus émouvants de son existence. L’amour qu’il a voué à Mathilde du premier soir où il la vit, devait demeurer chez lui toujours aussi ardent, aussi pur, aussi absolu. Même lorsque sa vie mauvaise l’éloigna de cette femme, même lorsqu’il se contraignit à lui demander un humble pardon, des effusions de tendresse montaient à ses lèvres, un immense et joyeux sentiment d’adoration le soulevait tout entier. Par la pensée il se reportait alors à l’époque des fiançailles, à celle de son mariage, et ces années lui apparaissaient à distance les plus charmantes qu’il eût vécues…
(Verlaine et le mariage. Extraits Paul Verlaine Œuvres complètes et annexes Arvensa éditions)
10. Grand chambardement – Reims – 2006
S’il y a bien une scène formidable qui nous remplit de joie, c’est ce passage dans le film des Marx‘ Brothers « Une nuit à Casablanca » où Groucho, Harpo et Chico se livrent à un véritable ballet pour vider la malle d’un espion nazi qui s’efforce, lui, de la remplir afin de fuir au plus vite de l’hôtel où il est repéré. C’est le simple plaisir enfantin d’un jeu de cache-
Et pour ce trésor, je ne me suis pas trompé : pour vivre heureux, vivons cachés…