7. Fêtes des sorcières  Nieuwpoort  Belgie – 1991

Tous les deux ans, la ville de Nieuport célèbre le procès en sorcellerie de Jeanne Panne et sa condamnation au bûcher en 1650. L’histoire est édifiante de cette boulangère aisée qui perd son mari vers la cinquantaine puis dix de ses onze enfants et sur laquelle s’abat encore le malheur. La seule fille qui lui reste est marquée par la maladie avec des traces d’abcès sur le corps et «  une tache rouge et ronde sur le front ». Jeanne semble ébranlée mentalement  par ses épreuves et alors qu’on cherche à la « remarier » prétend que l’esprit de son mari la rendrait muette si elle convolait  en nouvelle noce… Quelques  villageois  prétendent alors qu’elle est possédée du démon et qu’elle attire le mauvais œil.  Suite à une prétendue visite de Jeanne chez eux,  deux de ces villageois Ryckewaert Schroo et la fille d’un certain Jan Jacobs meurent « mystérieusement ».  Il n’en faut pas plus pour que Jeanne soit arrêtée puis torturée. Pendant « l’interrogatoire » on découvre  alors sous son sourcil droit une tache ronde insensible aux piqures d’épingle: « Stigma Diabolicum » ! Sous la torture elle avoue qu’elle a signé un pacte avec le diable. Elle est alors condamnée au bûcher…  A qui donc  revint la boulangerie prospère ?… En 2012, la ville de Nieuport réhabilitera les 17 « sorcières » brûlées de la même façon entre 1602 et 1652. Une stèle mentionnant leurs noms figure maintenant à l’Hôtel de Ville …

Etrangement cette image me fait penser aux quatre bacheliers et à la vindicte populaire qui contraignit Georges Brassens à quitter Sète pour gagner Paris …


Les quatre bacheliers  


8.  Fêtes Jeanne d’Arc  REIMS – 1987

Si Reims se targue d’être la ville de naissance de Paul Fort (1872- 1960), le Prince des poètes ne passa  pourtant qu’une très courte partie de son enfance dans la ville des Sacres. Mais en 1916, il écrivit ce poème devenu fameux sur la Cathédrale :

… « La Basilique a pris la forme de la flamme sitôt qu’elle sortit du cœur de Jean d’Orbais, - mais plus inextinguible et haute depuis Jeanne, holocauste vers Dieu de tous les cœurs français, vous n’avez pu, non moins que le ciel étoilé – guerre, affreuse guerre – l’éteindre où la brûler ! » …

En mémoire du couronnement de Charles VII, emmené par « Jeanne la bonne lorraine », chaque année, la ville perpétue le souvenir de la résistance française à l’occupant anglais par un grand défilé médiéval. Un grand marché  est organisé avec des joutes, des représentations théâtrales, de nombreux camelots déguisés, toutes sortes d’exhibitions sur le thème du Moyen-Age  répartis tout autour et sur le parvis de la Cathédrale où une grande messe est célébrée.  Cette manifestation reste très populaire. Dans  cette échoppe,  la forme des bougies rappelle singulièrement celles des images (les statues) qui ornent les façades et les toits de l’édifice et notamment  les cariatides de la base de la flèche au-dessus du cœur qui représentent le petit peuple…

Le moyenâgeux