1.Installation du photographe Gilles Martin. Festival Mondial de la photo animalière. Montier en Der 2013

 « Moi, gorille de la montagne, je suis le dernier. Après moi, il n’y a plus rien. Je suis seul et je n’ai plus de nom. J’avais un nom pour ceux de mon clan. Mais je ne le donnerai pas. Je l’emporterai avec moi. Les hommes ne méritent  pas de le connaître. A quoi bon ? Les hommes n’ont qu’un nom pour tout :  le mot mort… »

C’est sur ces mots que Gilles Martin introduit les visiteurs dans son exposition « 2027, mémoires d’un dos argenté ». La mise en scène est impressionnante : cimetière factice avec deux bonnes centaines de croix blanches alignées dans la cour du Haras National de Montier-en-Der, chacune représentant un gorille et ce cercueil haut de gamme (!) renfermant l’ultime dépouille.  Je fais immédiatement le rapprochement avec un autre primate mythique : le Yéti  dont j’ai pu photographier une (fausse) relique, trente ans auparavant au monastère de Khunde. L’instant d’un éclair, pour la première fois, je remémorise cette chanson de Brassens contre la peine de mort ici décrite, infligée à tout ceux qui ont l’audace de s’afficher différents et qui, par là même, menacent l’hégémonie de l’homme sur ce qu’il considère être son  territoire privilégié, la Terre entière.  Voilà la base peut-être de toute prise de conscience « écologique ». Les Jaïns , héritiers des upanishad, appellent  ce principe celui de l’« Ahimsa »* c'est-à-dire, littéralement, le principe de non-nuisance. respect de la vie.

Le Gorille



 

 2. Anarchie dans le jardin Reims.2002

Un matin dans le jardin, la petite fille a déniché des gants de boxe défiant quiconque de lui imposer sa loi. Madame Anarchie est du féminin et elle ne supporte plus l’autorité parentale arbitraire. « Mort aux vaches ! Mort aux lois ! Vive l’Anarchie »

Il y a des moments quand même où l’anarchie inspire le plus grand respect.


Hécatombe