3. Nieuwpoort Baad - L’estacade - hiver 1997
Autant en emporte le vent
Vent de panique, vent de folie ou vent d’enthousiasme et de liberté ? « Du vent ! » semblait souffler le vent. Mais contre vents et marées était-il vraiment possible de résister ? D’ailleurs qui sème le vent récolte la tempête, et après tout nous n’avions qu’à bien nous tenir. Hier nous étions venus sur la côte belge en coup de vent. Le patron de l’estaminet, à « L’auberge des quatre vents », avait éventé son tonneau et sa bière nous avait soufflé tous ses vents dans nos voiles. Plus tard, nous nous étions retrouvés sur cette plage de la mer du Nord à flotter au gré du vent jusqu’au bout de cette longue estacade à l’extrémité de laquelle nous avions soudain senti passer le vent du boulet : le nez au vent, nous avions évité de justesse un mat qui s’abattait à nos pieds, razibus, sous nos yeux larmoyants. A la radio, nous n’avions pas eu vent d’une telle tempête (au moins dix Beaufort !). Il fallait avoir rien que du vent entre les oreilles pour venir en plein hiver sur la côte du Nord sans consulter le moindre bulletin météo. Il nous fallut donc marcher péniblement à contrevent pour retourner à note auberge. Evidemment, le taulier ne rata pas l’occasion de nous plaire. Il nous accueillit en s’exclamant : « Quel bon vent vous armène … ? » Inutile de vous dire qu’il s’est pris un de ces vents !...
Le vent
4. Chemin de la Margeride - Août 2004 –
Dans les années 2004, 2005, 2006, j’arpentais les chemins du Massif Central, notamment le massif de la Margeride, le plateau de l’Aubrac et le chemin de Stevenson. Pas très loin du Gévaudan et de sa fameuse bête, la nature explose en été. Aussi riante et euphorisante qu’elle soit, elle recèle pourtant certaines de ses défenses cachées : quelque champignon vénéneux, quelque vipère venimeuse , ou bien encore ces cardères sauvages qu’on a cultivée autrefois pour carder la laine et dont la piqûre démange.. Autrefois il y avait aussi dans ces forêts, nombre d’ours et de loups. Ce paysage champêtre tellement paradisiaque qu’on brûle de sauter le fil barbelé pour mieux y «gambader » innocemment en son sein, pourrait-il bien se transformer en enfer ?… Le chardon dans la chanson de Brassens est comme la bascule d’une ultime transgression. Comme la châtaigne, il représente traditionnellement l’image de la vertu protégée par ses piquants. Le Petit Prince considérait les quatre épines de sa rose comme étant l’unique défense de la fleur …
Il suffit de passer le pont