1. Fête de jeunes – Chitwan – Népal 2010 

 Chitwan, le pays des rhinocéros blancs. Nous étions partis en safari à …vélo, sur les traces d’un hypothétique tigre. Du tigre nous ne vîmes effectivement qu’une seule trace, mais plus très fraîche, et après nombre de coups de pédales. Mais je me souviendrai surtout de la traversée de ce petit hameau, près d’une rivière, où nous étions tombés en pleine « surprise-partie » d’un petit groupe d’adolescents qui commençaient à être passablement éméchés d’ailleurs et  qui dansaient sur fond de musique rap. Quelle étrangeté,  de me retrouver soudain immergé, au beau milieu de la jungle népalaise, transporté dans ma propre adolescence et mes premiers amours de jeunesse. Le monde occidental tel que nous le vivions avait fini par parvenir jusqu’ici, rapprochant davantage le jeune lycéen rémois que j’avais pu être avec ces collégiens de l’ethnie Tharu qui nous accueillaient gentiment dans leur  jolie petite fête du bout du monde, avec autant d’hospitalité..


La première fille

2. Île St Louis -Paris- Janvier 2011

Il y avait dans mon enfance, un accordéoniste aveugle, qui régulièrement s’installait sur les marches des « Magasins Modernes », et déployait son piano à bretelles en même temps qu’il révulsait en arrière ses yeux d’aveugle et se mettait à jouer des valses musettes vertigineuses. Alors haut comme trois pommes, l’effet produit sur moi, était aussi terrifiant que fascinant. Je m’agrippais à la main de ma grand-mère et en même temps, la gorge serrée, je la retenais, incapable de m’éloigner. Cet homme m’apparaissait comme une sorte de chamane en communication avec le monde de l’au-delà : mais entre paradisiaque et infernal, je n’arrivais pas bien à déterminer la nature de ce monde. La chanson de Brassens que j’ai découverte bien plus tard m’a permis de trancher ce dilemme. Chaque fois maintenant que j’ai le bonheur de croiser un de ces accordéonistes de rue (fort heureusement, il y en a encore quelques uns) je suis transporté dans une sorte d’état extatique et  tout mon environnement me paraît alors beaucoup plus supportable.


Le vieux Léon