3. Musée des commerces d’autrefois – Rochefort – 2013

En 1996 Pierre Josse et Bernard Pouchèle ont pondu un bouquin de photos consacrées aux bistrots ; ça s’appelait « La nostalgie est derrière le comptoir ». Ils ont bien fait. Cette image prise en 2013 provient de « Musée des commerces d’autrefois ».  A croire que lorsqu’on a creusé le trou des halles (rue Quincampoix !) et qu’on a enterré dedans tous les bistrots de Paris  Que reste-il de ces endroits de perdition ? Quelques bastions irréductibles rebaptisés café-philo, café-librairie, café-concert ?… Ces rades ont même été remplacés parfois par des cafés internet où personne ne se parle, mais aucun ne ressemble vraiment à un bistrot. Le dernier vrai bistrot que j’ai pu fréquenter se trouvait dans le Finistère en baie de Morlaix, mais c’est une longue histoire pour un peu plus tard, j’espère. Le malaise de nos démocraties est peut-être bien lié à la disparition de ces cafés où il était encore possible de se rencontrer.


Le bistrot

4. Cérémonie du 11 novembre 2013 - Verdun-

« Mes vingt ans sont morts à la guerre ». Trois générations pourraient bien prendre cette phrase à leur compte. Nous sommes en 2013, à un an du centenaire du début de la guerre quatorze. Pourquoi ce type qui ressemblait un peu à mon grand-père pouvait-il bien se trouver là en ce jour dans la brume glacée de ce matin humide d’automne ? Ce vieillard devant moi devait être un ancien de l’Algérie. Fidélité aux copains tombés ou adhérent au parti de la Patrie reconnaissante ? J’ai cherché dans « Filles et fils de 14 », une réponse  à cette question et je n’ai toujours pas tranché. Interrogé sur le meilleur âge de sa vie, mon grand-père, ancien poilu, avait répondu sans hésitation : la cinquantaine. Il est vrai qu’il a vécu jusqu’ à plus de quatre-vingt dix ans. Plus tard, en réfléchissant, j’ai constaté que cela correspondait juste au moment où il avait quitté l’armée.

Heureuses générations que celles qui ne commencent pas leur vie d’adulte sous les drapeaux, mais générations malheureuses qui chanteront plus tard : «  Mes vingt ans sont morts à Pôle Emploi ».


Le temps passé