7. Parc du Meli -
Ce qui intéresse ici, c’est le contraste entre la sagesse de personnages peints sur le chapiteau tout empreints de conventions et de retenue, et cette volée de moineaux, à peine aimantés par la pesanteur comme des satellites autour d’un globe, tenant grâce à un fil et qui goûtent à la liberté d’un azur rafraîchissant tout en retrouvant leur âme d’enfant. Cette représentation symbolise un peu, pour moi, l’antagonisme entre l’espace de ceux qui sont nomades et l’enclos restreint des sédentaires. Ces derniers leur pardonnent rarement d’avoir ce plus grand champ d’investigation. Mais, s’ils sont particulièrement jaloux de leur liberté, ils le sont aussi de leur esprit solidaire.
8.Le chalet de mon père – Ventron – Vosges 2004
J’ai très souvent regagné le chalet et j’en suis maintes fois reparti réconforté, avec cette image de mon père, accoudé à son balcon qui me saluait. Ce n’était alors pas seulement sa personne qui m’accueillait et qui me couvrait du regard mais c’était aussi la forêt, l’odeur des sapins, le murmure des ruisseaux, le bruissement furtif d’un chevreuil apeuré. Et puis, c’était aussi le séjour et son feu de bois, toujours entretenu, les parties d’échecs animées, la bière de printemps. En hiver, c’était le chemin bien tracé au carré à coups de pelle dans la neige, c’était le chalet avec le Baeckehoffe qui mijotait dans le four et les Edelzwicker qui refroidissaient dans un seau d’eau glacé. Je les avais tant arpentés ces chemins Vosgiens depuis ma plus tendre enfance, je les avais tant parcourus en hiver, skis de fond aux pieds, qu’ils m’étaient devenus comme un second souffle, une certitude de bonheur en réserve. Il ne me reste que l’ombre de mon père…. Pensées des morts. »