9. Passant dans la nuit – Lyon – Hiver 2009.

Terrible spleen de ce passant solitaire marchant dans une rue, la nuit. Derrière la vitrine, l’espoir d’un bonheur qui s’échappe. Un bonheur éphémère sans doute, comme la lumière blanche  d’une robe de mariée. On peut presque imaginer le quai d’une gare avec un train qui part emportant toutes ses illuminations et puis qui défile le long de la plate-forme sur laquelle le  lourd manteau de la nuit va bientôt retomber. Une ombre s’éloigne lentement sur le quai laissant s’échapper les belles passantes que l’on n’a pas su retenir. « Yes, when the train left the station/ it had two lights on behind/ Whoa the blue light was my lady/ and the red light was my mind/ All my love was in vain”  chantait le bluesman Robert Johnson dans sa chanson “Love in vain” bien avant les Rolling Stones …



Les passantes  

10. Canal St Martin – Paris 11ème -  janvier 2011

Alors que je travaillais sur un projet un peu improbable intitulé « Hibakusha » où j’avais imaginé que la ville de Paris était elle-même atteinte par les terribles radiations atomiques, je surpris cette envolée d’oiseau, pleine d’espoir. Vision poétique d’un Paris romantique qui parvenait à s’échapper d’une trop pesante modernité. L’esprit de Verlaine, rossignol de la France,  planait l’espace d’un instant, si poétique, et avec lui, la mémoire de la Commune de Paris. Mais, en filigrane , fredonnait aussi,  toute l’âme de Rimbaud :

«... Le Poète prendra le sanglot des Infâmes,

La haine des Forçats, la clameur des maudits :

Et ses rayons d'amour flagelleront les Femmes.

Ses strophes bondiront, voilà ! voilà ! bandits ! »


In L’orgie parisienne ou Paris se repeuple (Mai 1871)


L’enterrement de Verlaine