1. Friche des anciennes papeteries de Courlandon - Aisne -  printemps 2014

Les friches taguées ont ceci de particulier qu’elles sont un puissant moteur d’évocation, de remords et de regrets d’un « âge d’or » à jamais perdu.  Elles sont en quelque sorte comme les pages gravées d’une mémoire laborieuse et en ce sens elles sont l’empreinte de nos émotions les plus infimes mais aussi les plus intimes. Ainsi on s’approprie facilement une quelconque maxime déposée sur un mur lépreux,  et même les graphes mystérieux deviennent notre propre code. Dans cette pièce, l’espèce de cœur recouvrant une cloison avec son fond soigneusement repeint de blanc n’exprime-t-il pas, plus ou moins consciemment, les désarrois de nos propres expériences. C’est lors du tournage sauvage d’un clip, dans ce décor très « râpeux », que fut prise cette image  du tag très syntaxique: « Mais où est donc Ornicar ? »


Je suis un voyou

2. Sur le départ - Reims -  Printemps 2002

Image double. L’enfant avec ses cubes et le chat qui rêve, blotti dans sa boîte. Il y aussi un arbre avec sa mâture semblable à des racines. Voilà sans doute les fondements de notre existence mentale : le jeu et le rêve. Dans le sonnet « Les hiboux » de Charles Baudelaire, les deux derniers tercets semblent commenter parfaitement cette photographie :

Leur attitude au sage enseigne/ Qu’il faut en ce monde qu’il craigne/ Le tumulte et le mouvement,

L’homme ivre d’une ombre qui passe/ Porte toujours le châtiment/ D’avoir voulu changer de place.

Brassens disait : «  Je ne voyage pas très souvent. Je suis un peu comme les chats, je suis assez sédentaire, je n’aime pas beaucoup quitter la zone dite de sécurité, comme tous les chats qui ne peuvent dépasser une certaine zone au-delà de laquelle ils se sentent en danger. »



Auprès de mon arbre