6.Lettre zéro
– Expoalpha – Ecole Pommery. 2001.
Le dessinateur s’y est repris à deux fois pour graver ce dessin proche du zéro. Zéro plus zéro égale(nt) la tête à Toto. Cette équation un rien absurde, et pourtant tellement bien réelle, m’évoque l’origine du chiffre et un âpre débat que j’eus avec un autre prof féru de mathématiques qui portait sur la genèse du signe 0 et du nombre 0, à savoir si le zéro venait du monde arabe ou du monde indien. Le mot sunya (çunya) en sanscrit signifie « vide », « espace » ou « vacant ». Ce mot fut d’abord traduit en arabe par sifr qui signifie « vide » mais aussi grain (chiffre) qui fut traduit en italien par zeviro et transformé à la longue en zéro. Selon les sources, la graphie du 0 est inspirée soit de la représentation de la voûte céleste, soit du « yoni » indien forme arrondie symbolisant le sexe féminin au milieu duquel traditionnellement se dresse le « lingam ». Ainsi ce petit bonhomme enfantin, se moquant du copain Toto, mais plus complexe qu’il n’y parait, semble bien désespéré, mais aussi passablement désespérant…
5. Homme alcoolisé
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Avec mon fils, c’est une des premières image que nous rencontrâmes en arrivant à Kathmandou, de retour d’un trek dans le Langtang, cette même région qui serait ravagée quelques années plus tard par un terrible tremblement de terre. Nous descendions du Lac Sacré de la religion hindouiste, le lac de Gosainkund, situé à 4400 m d’altitude. Nous revenions à Kathmandu par la région de l’Helambu et le Nagarjun National Park, en parvenant à Budhanilkanta, puis en longeant ce fameux temple abritant cette étrange sculpture du Dieu Vishnou, étendu sur un lit de nagas (cobras) au milieu d’un bassin de lotus. Brutalement la réalité de la grande capitale népalaise nous rattrapait alors que nous arrivions de montagnes paradisiaques. La pollution, la surpopulation, la misère et la corruption nous asphyxièrent soudain. D’emblée, nous retombâmes aussitôt dans la fange d’une cité moderne au bord du gouffre.