3. Publicité sur Alipore Road – Kolkata – 2010

Le clochard sur son banc, enroulé dans ses cartons avec son litre de rouge à son chevet et qui dégage une odeur pestilentielle : cette image est révolue. Maintenant ce sont des amoureux tendrement enlacés qui paraissent jouir d’une excellente santé et qui semblent aspirés par l’avalanche des projets de leur futur bonheur. D’un même élan du cœur ils projettent dans leur fusion volcanique la naissance d’un petit Shankar, où d’une tendre Lakshmi, qu’ils élèveront vers la plus haute destinée.  Comme tout cela sent bon la vie de château et le parfum d’un luxueux savon.



Les bancs publics

4.Oscar Colbrant straat – Gent – Belgie – 2007

Nombreuses maisons en Flandres ont leur bow window ouvert sur la rue envahis de très nombreuses plantes vertes plus ou moins vivaces, en guise de rideau. Certaines de ces plantes prêtent vraiment à rire par leur rigidité, notamment les fameuses « langues de belle-mère » qui se dressent en pointe, toutes raides d’acidité comme une herse amère sur le monde extérieur. Des affiches locales fleurissent aussi sur ces devantures de particulier. En fait, tout comme le « raz el hanout », littéralement «  à la tête de la boutique », ces plantes et ces affiches résument bien, à elles seules, le caractère de l’occupant, sévère ou farfelu, pragmatique ou romantique, conservateur ou révolutionnaire. La petite fille, elle  s’est prise ici à mimer la jungle sur cette ouverture, évoquant ainsi toute la vitrine du fleuriste… « Quand je vais chez la fleuriste, je n’achète que des lilas… ».



Les Lilas