7. Sieste estivale  quelque part sur la côte normande. 1996

En attendant l’heure de la marée haute,  celle propice à la baignade, on s’endort à l’heure de la sieste poursuivi par des rêves maritimes hauturiers. Avec un relent d’Hemingway, de Melville ou bien encore de Pinocchio, les lectures à l’ombre des grands pins provoquent souvent l’imaginaire sous l’empire de Morphée. Jacques Tati, dans son inénarrable « Vacances de Mr Hulot » aurait pu imaginer cette scène, bien avant les américains (Les dents de la mer – Spielberg), avec son kayak replié qui simule les mâchoires d’un requin. Mais il y a aussi quelque chose de King Kong, une sorte d’attendrissement dans l’œil de ce gentil orque qui suggère une passion digne de « la Belle et la bête ». Mais les intrépides dompteurs de ces insubmersibles et autres chasseurs de phoques vont bientôt surgir pour jeter à bas la passagère clandestine et récupérer ainsi manu militari leur destrier afin  de mieux affronter une vague d’éléments autrement plus  impétueux.


Comme une soeur




8.Quartier du Chemin Vert – Reims – Noël 2009 –

Avant la crise des années 200, beaucoup d’habitants de ce quartier avaient coutume d’illuminer leur maison au moyen d’innombrables décorations sur le thème de Noël au moment de cette fête religieuse. Ils rivalisaient d’ingéniosité pour mettre en scène, de façon originale, les péripéties de l’événement : plus nordique et plus laïc pour les uns, avec les traditionnels sapins, traineaux, rennes et autres ours polaires, ou plus dévot pour les autres avec la sempiternelle crèche, les agneaux, les pâtres, l’âne et le bœuf réchauffant le divin enfant et surtout Melchior, Gaspard et  Balthazar selon l’évangile de St Matthieu. Certains encore préféraient mélanger le tout autour du fameux père Noël,chacun à sa fantaisie. C’était presque devenu, pour moi, un pèlerinage chaque année d’aller photographier, à la nuit tombée, toute cette féérie qui se révélait inespérée lorsque la neige se mettait de la partie en saupoudrant de sucre tout ce joli décor. Le petit village du Foyer Rémois, construit sur une utopie imaginée avant la guerre 14, avait été finalisé dans l’après-guerre dans l’espérance fragile d’une paix durable retrouvée et d’un bonheur social retrouvé. Ce havre de quiétude me faisait chaque fois retomber dans le monde de mon enfance,  prometteur d’étoiles mystérieuses. Hélas, depuis quelques années, ces illuminations se font de plus en plus rares  laissant entrevoir un avenir plus qu’incertain au milieu de ténèbres grandissantes  d’un monde plus  hostile.


Le père Noël et la petite fille