3 Ventron, Vosges  - Noël 2007-


Le regard s’éclaire  parfois, l’espace d’un instant, dans le reflet d’une glace, dans le chant d’une voix, dans le clin d’œil d’une ombre qui passe. Pour toutes ces petites lumières, la vie la plus modeste vaut mille fois la peine d’être vécue. Et le strass, les paillettes , la gloire et toutes les trompettes de la renommée sont loin de surpasser ces instants de simple bonheur, ceux d’un amour désintéressé. Ils transforment l’existence la plus modeste en un mystérieux conte de fée: celui des princesses aux pieds nus.     



Si le bon Dieu l’avait voulu     


4. Château de Versailles  - Juillet 2008- 

J’ai beaucoup fréquenté le château de Versailles pendant mon enfance. Je considère cette ville  comme la seconde cité royale française après Reims. Etonnament mon grand-père, bien qu’il soit un républicain viscéral s’y était établi en retraite. En fait, c’est surtout  l’école d’horticulture et les jardins du château qui l’intéressaient. Moi aussi d’ailleurs, pour une toute autre raison … à cause du carrousel de chevaux de bois qui à cette époque n’était encore motorisé. C’était un manège où, avec un peu d’habileté, on pouvait gagner des tours gratuits : muni d’un semblant de fleuret, il s’agissait, à chaque passage des chevaux de bois, d’enfiler un anneau qui se présentait mécaniquement à l’’extrémité d’un antique distributeur et, pour encore l’arracher en relevant l’épée d’un coup sec afin de ne pas perdre le gain des prises précédentes. Au bout de trois anneaux, le tour était gagné. A   travers les allées du parc, mon grand-père, féru d’histoire, me racontait tous les fastes du roi Soleil. Il m’emmenait également aux somptueux sons et lumières donnés dès cette époque-là, couronnés de feux d’artifices dont je n’ai jamais oublié la magnificence.  Cette image du carrousel m’est revenue pendant une visite récente du palais en contemplant la splendide pendule fixée sur un grand miroir qui reflétait vaguement le portrait suspendu d’une jeune marquise, la chanson de Brassens  fit le reste accompagnant l’inexorable marche du temps. 


Marquise