5.  Qui n’a pas passé les fêtes de fin d’année, en West Flanderen, chez Henriette de Nieuport, ne sait rien de la fête. Il faut bien prévoir trois jours de bombance  avec quelques moments difficiles et vertigineux,  mais finalement  bien enthousiasmants. Ainsi le fait d’arriver coûte que coûte à midi pétantes au jour de l’an, pour  boire le premier apéro de l’année chez grand-père Henri. Défi que tous relèvent et tiennent avec panache. Il est de tradition dans cette lointaine contrée que dans les estaminets chaque convive offre sa tournée générale et c’est rien de dire que plus nombreux sont les compères, plus s’accumule sur les tables une multitude de pintes et, conséquemment,  plus la liesse et l’hilarité se répandent.  Allez…  pour une fois, cette fois,  à la sortie de la taverne, le débordement de cette jubilation a fait sa jonction avec la pieuse image toute sereine d’une jolie crèche marine, illuminée pour l’occasion près du porche de l’église. La grâce de cet instant a fait tout le reste…   


Les copains d’abord

6. C’est la fête dans la petite ville, la municipalité s’est offert une vrai fanfare pour animer la grand’rue. Confettis, ballons,  et autres fanfreluches. La démonstration est irréprochable, les musiciens assurent, un vrai spectacle de rue et pourtant, tout  en accompagnant le défilé je me retourne et soudain je m’aperçois  que tout le monde tire la gueule. Les gens suivent le cortège la tête baissée et l’ancienne poussette d’enfant rouge vif, juste au moment où un nuage cache le soleil, vire au noir et se transforme en un espèce de corbillard tiré par un bedeau. Des vrais têtes d’enterrement.  Dans un amphithéâtre y’avait un macchabée  … ce macchabée disait, il disait, il disait : A c’qu’on s’emmerde ici ! Je me rappelle alors que dans ce petit bourg, il y a près de quarante ans, j’avais connue une terrible mésaventure: le suicide d’un parent d’élève … Etait-ce ce très mauvais souvenir  remonté d’un  passé lointain qui me suggérait, plus qu’un défilé de fête, comme une procession de deuil ?...


   Les quat’z’arts