7. Quelque part sur la route en direction de l’ouest, pas très loin de Beauvais, s’est dressé un jour un panneau sybillin : 144 tués en 1999 dans l’Oise.  S’il n’y avait pas cette sinistre forêt d’épouvantails érigés sur le bord de la route comme les pions d’un jeu d’échec, on pouvait se demander de quelle hécatombe il s’agissait. Implicitement, regroupant les indices,  on comprend instantanément  que la mort rôde sur cette route. Quel tragique drame humain avait eu lieu par ici ?Si ce n’est qu’un petit moment d’inattention, un jugement erroné ou encore une simple imprudence téléphonique, était-ce juste cela qui avait bien pu précipiter  ces 144 personnes vers leur perte . Hélas ces malheureux voyageurs étaient maintenant devenus seulement des chiffres venus grossir des statistiques. Combien de drames familiaux se cachaient vraiment derrière cette mise en scène macabre ?


Le pluriel

8. Un homme à la mer ou plutôt une main à la mer. Quelque chose d’un peu sinistre car il s’agit en plus d’une main gauche. La mer, en montant, rejette les corps et ramène toutes sortes de déchets. Ces déchets jonchent nos plages de plus en plus et polluent progressivement notre environnement en le « plastifiant » davantage. Ici, nombre de ces déchets proviennent des plaisanciers qui pique-niquent dans les criques et les anses de l’archipel des Iles Chausey et qui ne se préoccupent guère d’écologie. Ce sont beaucoup plus rarement des petits chalutiers qui draguent la Baie. La mer est leur jardin et quand ils perdent quelque chose, c’est souvent juste par une intempestive maladresse. Parfois ces déchets deviennent des épaves qui racontent une mésaventure humaine aussi bénigne soit-elle. Une pagaie, un seau, ou encore ici un gant et une bouteille. Et dans la bouteille vide un message qui contenait peut-être les paroles de «  La rose, la bouteille et la poignée de main ». Quelque chose d’un peu surréaliste ….  


La rose, la bouteille et la poignée de main