5.Le chêne fau de Verzy – Verzy (51) – 2015

Situé au beau milieu de la forêt de Verzy, ce magnifique chêne poursuit tranquillement ses vieux jours, vénéré par les promeneurs du dimanche et par tous les hôtes de la forêt. Ce n’est pas très original peut-être d’être inspiré par la chanson « Le grand chêne » pour juste documenter avec une image sensée l’identifier. Mais c’est le contexte et peut-être la forme sublimée d’un cœur lumineux qui m’a décidé à retenir cette impression. Déjà, la plupart du millier de faux qui constituent cette forêt extraordinaire sont des hêtres (fau signifiait hêtre en ancien français) et être hêtre ou ne pas être hêtre pourrait constituer une bonne question. Ces hêtres sont suffisamment nombreux ici pour assurer leur propre descendance. C’est d’ailleurs là la concentration mondiale la plus importante de ces hêtres tortillards qui seraient atteints d’une maladie génétique qui déforment leurs corps en les tordant. Leurs branches replongent dans la terre ce qui leur laisse la capacité de marcottage. Chose plus surprenante encore, cette maladie génétique se serait transmise à ce grand chêne isolé. Evidemment cette forêt dont l’existence est attestée  dans les cartulaires de l’antique Abbaye de St Basle, installée sur les lieux depuis le VIème siècle, n’a cessé d’attirer les pèlerins. On raconte qu’en accompagnant le roi Charles VII lors d’une visite à l’abbaye, Jeanne d’Arc serait montée dans les branches d’un fau de Verzy ou pour se reposer, elle s’y serait assise.

De là naissent des légendes qui n’auraient certainement pas déplu à l’ami Georges, féru des gibets médiévaux du roi Louis et de bien d’autres « villoneries ».Un dernier indice décisif pour la photographie est la présence, toute proche du chêne, du fameux Fau dit de St Basle, celui-là même (ou une de ses rejetons) qui aurait l’âge du fameux abbé. Serait-ce là le même « petit saint besogneux qui doute que sa fumée ne monte jusqu’à Dieu »


Le grand chêne      



6. Guitares et masque - Reims – 2009

La  musique débridée de cette chanson tourne essentiellement autour de la guitare et un tiers des paroles mêmes sont consacrées à l’instrument. Des maîtres de cet instrument, Django Reinhardt, Henri Crolla, sont cités, et les guitares manouches sont évoquées comme des gitanes reléguées à la porte cochère. La guitare est un instrument complet, rythmique et soliste qui bien longtemps est restée confinée à la porte des conservatoires de musique, en partie à cause de sa discrétion, mais peut-être aussi à cause de ses origines. Bien de ses représentants ont connu une gloire éphémère et certains font partie du groupe des 27 (Robert Johnson, Jimmy Hendrix). Et cette guitare manouche se poursuit, diabolique, tout au long de la chanson, même si, dans le deuxième et troisième couplet de la chanson,  on ne parle plus d’elle, elle continue de parler de nous, du vin, de l’amour et de la musique, c'est-à-dire de la vie.


L’ancêtre